Bassines en fer, de l'eau puisée dans la réserve familiale, et de la super lessive en sachet. Ca m'a curieusement rappelé les séjours au camping, la corvée d'étreinte du linge et les joies de la mousse qui se rince mal. Sauf que là, c'est pas une corvée. On retrousse les manches, torse nu pour mon zhom (oua) et on plonge. Pieds nus, la terre battue ça colle. C'est efficace, mais ça nous prend une bonne heure, surtout avec moi, j'ai pas l'énergie du lavage de linge au quotidien. A nous de jouer, nous les filles, pour étendre le tout. Elda, miss de 7 ans, se fait un plaisir de me montrer comment elle est habituée à faire de puis toujours. La terrasse est en haut, sur le toit. De là haut, l'Afrique est belle, les toits de taule cotoient les palmiers grisés par le soleil. On a visiblement pas la même façon de disposer le linge. Les vêtements longs et larges, seront étendus à même le sol de béton, en moins de temps qu'il faut pour le dire, le soleil les assèche. Au nout du compte, le résultat est le même. Le reste est épinglé sur un fil trop haut pour cette adorable gamine qui tient à tout prix à m'aider. On a pour principe de secouer le linge par acoup pour permettre un meilleur séchage. Ceci dit au passage, ma 2e expérience ménagère étonnante: le repassage tel qu'on le connait reste un luxe. Pas de fer à charbon dans cette famille, mais un vrai fer, si vieux que s'en servir relève de l'exploit. Silé, sans doute plus jeune que moi, chargée des taches ménagères, à vraiment rit quand elle a vu comment je m'y prenais. Elle a tout de suite prit les choses en main. Voilà j'en parlerais plus, fallait juste que je prévienne celles et ceux qui ont prévu peut être, leur 1er voyage initiatique en Afrique: c'est tout dépaysant :))
Le petit déj' est un moment que j'adorais là bas. C'est tout simple, ça met en forme et puis mon homme me le servait sur un plateau alors, un vrai délice ce thé à la citronnelle et ces petits pains frais... avec de la confiture de fraises rapportée de France, les gosses ont adoré. On enchaîne avec une visite matinale chez la maman, elle nous mijotte déjà un bon petit plat encore jamais goûté. Il doit être 11h. On nous installe un tabouret, on nous apporte deux chaises au milieu de la petite cour familiale et nous voilà fin prêt à déguster une salade fraîche, sauce piment-arachide, à l'ombre d'un manguier.
Après midi comme toute première expérience pour moi. Nous avions improvisé une sortie, celle dont je n'ai pas vraiment l'habitude mais soyons fous, ça doit pas être si désagréable. De quoi me direz vous? Et bien je m'immiçais peu à peu dans l'univers religieux qui règne en Afrique, un monde nouveau. Ca vous parait peut être exagéré mais je n'ai jamais baigné dans la religion, loin de là. Alors j'ai fait la connaissance de cette religion batiste, très proche du christianisme après tout. Je consacrerais sans doute un article spécial concernant cet élan spécifique qui regroupent tous les africains en une seule et même famille, celle de la croyance. Le pasteur Lee, dirige la petite église dans un quartier de la ville, et c'est le lieu que Sagnan et sa maman ont choisi depuis bien longtemps pour répondre à leur foi innée. Il est amusant. Imaginez une petit homme d'origine et d'apparence coréeenne, parlant difficilement français et pas du tout éwé (le dialecte local), et qui vit de surcroit avec sa famille au Togo. Un peu décalé, mais très sympathique. Nous avions acheté en bord de route avant notre arrivée là bas, comme le veut la coutume, une friandise destinée aux jeunes enfants du pasteur. Une petite fille aux yeux bridés nous attendait devant le grand portail qui faisait office d'entrée, et j'ai ressenti comme de l'étonnement en lui offrant le sachet. Ceci n'étant pas dû au geste, mais plutôt à la vue d'une étrangère qui avait toute la couleur de peau de la sienne, dans un pays où il est si rare de voir quelqu'un qui lui ressemble. Les présentations furent simples, et l'invitation à un séminaire organisé non loin d'ici au campus de l'université, difficile à refuser.


